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Conseils santé

Plantes médicinales indiennes et Ayurveda

Inde : la flore la plus riche au monde

En Inde, les températures peuvent monter jusqu’à 52° dans les régions désertiques et descendre à -44° dans le Cachemire ! Il n’existe aucun autre pays au monde qui présente des conditions météorologiques et topographiques aussi variées. Et les spécificités de cet incroyable pays ne s’arrêtent pas là… On trouve en Inde des plaines, des plateaux, des petits monts et en même temps la chaîne de montagnes la plus haute du monde : l’Himalaya. Avec plus de 3 millions de kilomètres carrés, l’Inde possède l’une des flores les plus riches et les plus variées de notre planète… Pas étonnant donc que les ressources végétales soient les premiers médicaments de ce pays !

Pour comprendre les fondements de la phytothérapie indienne, il est primordial de comprendre ceux de l’Ayurvéda, qui se basent sur l’observation de la nature. Ayurvéda signifie « Science de la vie ». C’est la médecine principale de l’Inde. Développée depuis plusieurs milliers d’années, elle s’appuie sur les végétaux (seuls ou en association) pour soigner l’Homme dans son ensemble, à la fois d’un point de vue psychologique et physique.
Sur les 15000 plantes médicinales recensées en Inde, 7000 sont utilisées par l’Ayurvéda. Cette médecine est reconnue méthode de soins par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) depuis 1982. Plus de 80% de la population suivent d'ailleurs les principes de l'Ayurvéda pour se soigner. Et afin de préserver l'incroyable flore de ce territoire, l’OMS a appelé à "la sauvegarde des plantes qui sauvent la vie".

Une méthode de soins universelle

L’Ayurvéda est aussi reconnue dans le monde entier comme une médecine à part entière notamment en raison de sa littérature riche et étayée d’exemples et de réussites médicales… Procédé que l’on retrouve dans la médecine moderne ! C’est d’ailleurs ce qu’a souligné Mme Swaraj (Ministre des affaires extérieures de l'Inde) à la 56ème conférence de l’Organisation Mondiale de la Santé : « en Inde, l’Ayurveda (…) est un système médical élaboré qui a ses propres attributs scientifiques et qui est soumis à des lois et des organes de réglementation concernant l'éducation ainsi que la fabrication et la vente de médicaments. Sur les 700 000 praticiens agréés des systèmes de médecine et d'homéopathie de l'Inde, 500000 ont suivi une formation institutionnelle et doivent respecter des règles éthiques et des codes de conduite dans leur pratique médicale. Une bibliothèque numérique des connaissances traditionnelles est également en cours de création ; elle contiendra 35000 préparations dont la formule est décrite dans 14 textes ayurvédiques. »

Des plantes simples et des complexes

L’extrême richesse de la flore indienne a permis à l’Ayurvéda de développer des remèdes associant plusieurs plantes et donc plusieurs actifs comme le Triphala par exemple. Cette formule est l’équilibre parfait de 3 baies indiennes : Amalaki (Amla), Bibhitaki et Haritaki. Elle permet de soulager la constipation à court et long terme et elle nettoie en plus l’organisme. Outre son efficacité, l’intérêt de ce complexe est qu’il ne provoque ni effets secondaires, ni accoutumance. Comme la grande majorité des autres associations élaborées par la médecine ayurvédique.

La richesse des sols en Inde permet de trouver sur place toutes les plantes qui sont utilisées par l’Ayurvéda. A tel point que les Indiens se servent naturellement dans les plaines ou les forêts pour cueillir leurs remèdes. Le Neem par exemple, est un arbre courant en Inde. Adapté aux sols pauvres et résistant, il peut atteindre une hauteur de 20 mètres et vivre jusqu’à 200 ans. Surnommé « la pharmacie du village », il est à lui seul un apothicaire de proximité ! Ses feuilles soulagent la fièvre et les infections chroniques. Sur le long terme, elles sont utilisées contre le diabète et l’obésité car elles sont susceptibles d’équilibrer le métabolisme des sucres. Dans les campagnes indiennes, on utilise aussi de petits rameaux de Neem pour se brosser les dents car il renforce les gencives, protège l’émail et évite même les caries. Enfin le Neem est utilisé en cas de lésions cutanées telles qu’eczéma, acné, etc…
Cet arbre est tellement riche en substances actives qu’il a été une des victimes les plus marquantes de biopiraterie. Dans les années 90, le Neem a été remarqué par de gros industriels qui ont déposé 64 brevets sur ce seul arbre ! Alors que l’Inde diffusait gratuitement son usage et ses connaissances depuis des siècles, ces industriels se sont approprié l’utilisation de l’arbre et en ont dans la foulée privé toute la population indienne !
Comme la culture de Neem s’était organisée et intensifiée pour les seules entreprises ayant les brevets, l’arbre s’était fait plus rare pour la population locale et son coût avait explosé. Après une dizaine d’années de combat, ces brevets ont été annulés et l’Inde a retrouvé le libre-usage de cette plante essentielle ! Grâce à cette affaire, la jurisprudence a permis d’éviter bon nombre d’abus et les végétaux restent donc à disposition de chacun.

Parmi les végétaux populaires en Inde, le Tulsi (ou Basilic sacré) occupe une place de choix... Dans les habitations, cette petite plante qui peut atteindre 45cm de hauteur, est vraiment typique de l’Inde, contrairement à son cousin, le basilic commun que l’on trouve partout en Europe.

Tulsi pour une respiration apaisée Tulsi, Ayur-vana

Le Tulsi est généralement présent dans les cours et les jardins des maisons. Selon la tradition, il purifie le corps, l’esprit et l’âme. Il sert donc à la fois de talisman pour apporter au foyer la protection divine, de décoration et de plante médicinale.

Comme le Tulsi dégage les voies respiratoires, il permet de soigner les rhumes et les grippes, mais aussi tous les désagréments liés à la circulation de l’air : ballonnement ou aérophagie.

La force des plantes

Selon l’Ayurvéda, notre environnement est constitué de cinq éléments de base : l’espace (éther), l’air, le feu, l’eau et la terre. Ces cinq éléments (ou forces fondamentales) sont essentiels pour notre bien-être. Ils sont également à l’origine de la force des végétaux et de leur richesse en minéraux. Certaines plantes en contiennent d’ailleurs plus que d’autres, en fonction de la terre sur laquelle elles poussent.

Shatavari (Asparagus racemosus Willd.)

Le Shatavari (Asparagus Racemosus) par exemple, est l’une des principales plantes indiennes roboratives (fortifiantes) car l’une des plus riches en minéraux. Allié de la femme par excellence, le Shatavari apaise les douleurs (ventre, seins…) pendant les cycles menstruels, permet d’éviter les bouffées de chaleur au moment de la ménopause et stimule même la libido ! C’est un aphrodisiaque de référence en Ayurvéda.

La théorie des signatures

Gymnema sylvestris, Ayur-vana

En Inde, mais aussi dans d’autres pays à travers le monde, on a souvent utilisé la « théorie des signatures » pour savoir à quoi peut service une plante. Vous l'aurez compris, la théorie des signatures postule que la nature donne des indications sur la valeur thérapeutique d’une plante. Le Gymnema Sylvestris en est un exemple très représentatif.
Cette plante hypoglycémiante diminue l’envie d’aliments sucrés. Elle signe cet usage grâce à son action sur le goût. Si vous mettez une feuille (ou le contenu d’une gélule) sur la langue, vous êtes ensuite incapable de ressentir le sucré. Effet collatéral pour les fumeurs : elle bloque aussi la sensation de plaisir liée à la cigarette ! Le Gymnema est donc recommandé aux diabétiques et aux personnes qui souhaitent arrêter de fumer ou mincir efficacement. Cette plante grimpante, que l’on trouve facilement en Inde est riche en gurmarines, c’est cette substance qui agit sur la langue.

La plante qui ressuscite les morts

Une légende d'Inde voudrait qu’il pousse dans l’Himalaya, presque à la frontière avec la Chine, une plante miraculeuse connue sous le nom de "Sanjivani booti" (l'herbe qui donne la vie). On ferait mention de cette plante dans un texte Hindou du VIIème siècle avant JC. C'est là qu'on y explique que le dieu singe, Hanuman, s'en est servi pour redonner vie à Lakshmana.
Des expéditions sont parfois organisées pour essayer de la trouver, mais personne ne sait à quoi elle ressemble... Juste qu’elle s’éclaire la nuit ! Les praticiens de l’Ayurvéda quant à eux, ne croient pas à son existence, rappelant qu’il s’agit d’une légende !

Quand les recherches confirment les connaissances des Anciens

Grâce à la transmission des textes écrits et aux nombreuses descriptions de plantes, l’Ayurvéda a offert un savoir exceptionnel aux scientifiques modernes. Ainsi, ils peuvent vérifier le savoir Ancien. Le Mucuna par exemple, bénéficie de plusieurs recherches en cours pour son action sur la maladie de Parkinson. Comme les personnes atteintes de cette pathologie souffrent d’une déficience en dopamine, la prise de Mucuna permettrait de diminuer les symptômes. Cette plante est en effet naturellement riche en L-Dopa, précurseur de la dopamine.

Andrographis, Ayur-vana

L’Andrographis ou échinacée d’Inde est quant à elle utilisée pour traiter les maladies infectieuses, notamment respiratoires. Elle est en effet efficace contre les symptômes des rhumes, angines et grippes (fatigue, maux de gorge, courbatures, frissons, sécrétions nasales abondantes, sinusite et maux de tête). Comme l’Astragale, l’Andrographis agit aussi en prévention. Elle est donc à consommer dès le mois d’octobre pour un hiver serein !
Cette liste non exhaustive de plantes médicinales est la promesse de nombreux actifs à découvrir… En Inde mais aussi partout dans le monde, puisqu’il existe plus de 250 000 espèces de plantes sur notre planète et que 2% seulement d’entre elles ont déjà révélé leur potentiel médicinal !

L’Inde a aussi sa star du moment : l'Haridra (Curcuma longa)

Curcuma Longa, Ayur-vana

Cette racine que les Indiens consomment depuis la nuit des temps, à toutes les sauces en cuisine et sous toutes les formes en « médicament » naturel, connait depuis quelques années une hausse de popularité partout dans le monde.
Alors que cette belle épice de couleur jaune était auparavant consignée dans la cuisine par les Occidentaux, elle est désormais utilisée au quotidien pour ses nombreuses vertus.
Antioxydante (elle préserve les cellules de l’organisme humain), anti-inflammatoire, anti-cholestérol, stimulant de la digestion, apaisant en cas d’arthrite… Les actions de ses substances actives, les curcuminoïdes permettent de vieillir en meilleure forme. C’est pourquoi les Indiens consomment régulièrement de l'Haridra, toute leur vie !

Source : Se soigner naturellement, le magazine de la santé au naturel