Mémoire d'anciens
- Centella Asiatica, le stimulant intellectuel
- Fenugrec, une graine de vie
- Shatavari, l’herbe aimée des femmes
- Shiitaké, le symbole de la vitalité
- Tulsi, un brin populaire
- La Valériane Officinale
Centella Asiatica, le stimulant intellectuel
« Deux feuilles de centella asiatica par jour font fuir la vieillesse »… Intellectuelle, pourrait-on rajouter à ce proverbe sri-lankais. En effet, la centella, cette feuille délicate aux allures d’ombrelle est d’une formidable efficacité sur le fonctionnement neurologique.
Un problème compliqué à résoudre ? Une décision importante à prendre rapidement ? L’ayurveda propose la centella asiatica comme réponse. Depuis la nuit des temps, la médecine indienne se sert de cette plante pour vaincre les crises d’angoisse, lutter contre les trous de mémoire ou pour appuyer l’hypnose à des fins thérapeutiques. Largement consommée pour apaiser pendant les périodes de stress et surtout permettre de se concentrer, elle accompagne les étudiants qui l’apprécient tout particulièrement en période d’examen.
Commune en Inde et en Chine depuis des milliers d’années, c’est seulement au 19ème siècle que la centella asiatica fait son apparition en Europe. Les scientifiques découvrent alors le potentiel de cette feuille aux allures d’éventail japonais. En 1940, la recherche isole la substance active de la plante, il s’agit de l’asiaticoside. D’autres éléments essentiels de la plante sont ensuite révélés : alcaloïdes, saponines, tanins… C’est une chimie complexe et particulièrement riche qui apparaît aux scientifiques. Depuis, les études se multiplient pour trouver de nouvelles utilisations à la plante.
Pourtant, outre son impact sur le système nerveux, la centella asiatica a déjà prouvé son efficacité sur les affections dermatologiques. Les premiers à avoir découvert et apprécié ses vertus sont… Les tigres ! En effet, la centella Asiatica, également surnommée «herbe du tigre », attire les grands félins qui viennent s’y rouler pour soigner leurs blessures. Dans la cosmétologie « humaine », la centella asiatica est réputée pour diminuer les vergetures ou la cellulite. Une équipe de chercheurs britanniques aurait également démontré l’impact de la centella asiatica sur les varices, les œdèmes, les jambes lourdes ou enflées et même les hémorroïdes. D’autres études sont en cours pour démontrer ses effets sur l’insuffisance veineuse. Connue depuis des siècles, la centella a donc encore beaucoup à révéler.
Originaire du Sud-Est Asiatique, la centella asiatica (ou hydrocotyle asiatique) est une ombellifère qui apprécie les sols marécageux. On la trouve aussi en Australie et en Afrique du Sud.
Fenugrec, une graine de vie
Au IVème siècle avant J.-C., Hippocrate appréciait déjà cette plante médicinale pour ses nombreux bienfaits. Les vertus du Fenugrec l’ont immédiatement destiné à rééquilibrer les organismes affaiblis et à remettre en ordre de marche toutes les fonctions internes. En effet, ce puissant régulateur du métabolisme révèle tous ses atouts en cas d’affaiblissement ou de perte d’appétit. Utilisé de manière courante dans la médecine traditionnelle, il n’a ni contre-indication ni interaction délétère avec d’autres produits alimentaires ou médicamenteux.
Dans le contexte de notre époque moderne, où les régimes, le stress et parfois même les baisses de moral font partie du quotidien, la consommation de Fenugrec permet de retrouver la forme. Ses graines favorisent en effet la digestion, ouvrent l’appétit et influencent favorablement la respiration et le fonctionnement métabolique.
Ses vertus ne s’arrêtent pas là… Depuis la nuit des temps, le Fenugrec a révélé ses ressources pour faire baisser le taux de sucre dans le sang : il n’en fallait d’ailleurs pas plus pour que la médecine traditionnelle le choisisse comme hypoglycémiant de référence ! C’est de sa richesse en alcaloïdes, flavonoïdes, saponines et fibres (50%), que le Fenugrec tire son action sur le taux trop élevé de sucre et de cholestérol dans le sang.
Outre ses feuilles caractéristiques qui poussent par trois, le Fenugrec se reconnaît au goût et au parfum très particulier de sa graine. Quand on l’écrase, elle dégage une odeur caractéristique, forte ou aromatique selon certains, désagréable selon d'autres. Environ 1 500 ans avant notre ère, le Fenugrec servait déjà en Égypte pharaonique pour purifier l'air des habitations et des lieux de culte.
Enfin, si le Fenugrec a traversé les époques avec succès, il peut aider l’organisme à en faire autant. En effet, son action antioxydante est réputée : il diminue la formation de radicaux libres à partir des graisses et augmente l’activité du système enzymatique antioxydant de l’organisme. Difficile de trouver un végétal de meilleure réputation !
Shatavari, l’herbe aimée des femmes
Surnommé « celle qui possède cent maris », ou « l’herbe aimée des femmes », le shatavari est présent depuis des siècles dans l’histoire féminine de l’Inde. Secret transmis de génération en génération, le shatavari ou Asparagus Racemosus en sanskrit, apaise de nombreux désagréments. Aphrodisiaque car actif sur l’appareil génital féminin, il est aussi consommé à tous les âges de la vie pour ses nombreuses vertus.
Selon l’Ayurveda, médecine indienne de référence, le shatavari est une des plantes les plus importantes pour la santé du système reproducteur féminin. Il soutient, renforce et tonifie l’organisme. Efficace pendant le cycle menstruel, il régule le flux sanguin et apaise efficacement les douleurs, gonflements ou maux de tête.
En Inde, on dit aussi que cette plante intervient quand le corps et l’esprit sont en état de surchauffe, d’épuisement ou de déséquilibre, comme c’est parfois le cas au moment de la ménopause. Rafraichissant, le shatavari apaise les bouffées de chaleur et régule les humeurs.
La peau comme les muqueuses, notamment la muqueuse vaginale, ont tendance à s’assécher et à se flétrir avec l’âge, ce qui favorise le vieillissement cutané, mais aussi la survenue de douleurs lors des rapports sexuels. À ce moment, la sécheresse vaginale devitn un vrai problème dans le couple. L’action lubrifiante du shatavari sera alors particulièrement appréciée. Il va nourrir et tonifier la peau, tout comme les muqueuses, favorisant leur lubrification et leur souplesse. Ce mécanisme combiné à l’effet aphrodisiaque de la plante, va permettre aux femmes de retrouver une vie sexuelle épanouie.
Comme si cela ne suffisait pas, les substances actives de cette plante indienne présentent aussi des vertus pour les hommes ! Le shatavari améliorerait la qualité du sperme grâce à un effet spermatogénique, c’est-à-dire qu’elle stimule la fabrication des spermatozoïdes.
Le système digestif est un autre bénéficiaire du shatavari. En effet, cette plante indienne aurait un effet calmant en cas d’irritation gastrique qui se manifeste par des brulures d’estomac ou des diarrhées.
Pilier de la pharmacopée ayurvedique, mystérieuse ressource transmiss de femme en femme, le Shatavari semble être le meilleur allié pour une vie épanouie… Et la plante n’a pas encore révélé tous ses secrets.
Shiitaké, le symbole de la vitalité
Se soigner par les plantes, une solution de bonne fame (de bonne réputation en français ancien).
Ce petit champignon noir, connu depuis plus de 2 000 ans au Japon, est une star culinaire en Asie. Son odeur, son goût caractéristique et ses bienfaits sur la santé l’ont même hissé au rang de 2ème champignon le plus consommé au monde (derrière le champignon de Paris) ! On le trouve à présent très facilement sur les marchés d’Europe et la France l’a si bien intégré qu’elle a francisé son nom : le Shiitaké est devenu Shiitaké
Derrière chaque champignon, il y a d’abord un autre végétal sur lequel s’appuyer. Pour le Shiitaké, c’est un arbre, le Shii, qui lui a servi de refuge et donné son nom. « také » désigne un végétal symbole de vitalité et de croissance spectaculaire. Egalement appelé « champignon parfumé ou Lentinula edodes, le Shiitaké représente 25,4 % de la production mondiale de champignons.
Un médecin de la dynastie Ming a écrit abondamment sur le Shiitaké, au moment où la consommation de ce champignon était réservée au seul usage de la famille impériale. Ses propriétés pour augmenter l’énergie et soigner les refroidissements ont donc laissé des traces dans l’histoire médicinale du Japon… Aujourd’hui cultivé partout dans le monde, ce symbole noir de la vitalité n’a sans doute pas fini de surprendre les scientifiques !
Tulsi, un brin populaire
« Élixir de vie » ou « Reine plante », le Tulsi connaît tous les hommages en Inde. Ce petit arbuste, aux feuilles fines et délicates, trône en général dans chaque foyer indien à une place de choix. En effet, la culture ayurvedique considère le Tulsi comme la réincarnation de Lakshmi, déesse de la prospérité. La légende raconte que cette déesse aurait été mariée au Dieu Krishna avant d’être exilée en mer et de reparaître sous la forme de branches de Tulsi. Du coup, chaque famille indienne possède son arbuste devant lequel elle fait des Puja (rituels d’adoration) en signe de dévotion.
Utilisé à la fois pour protéger les habitants contre les mauvais esprits, purifier les hommes pieux et améliorer au quotidien la vitalité et la forme physique, le Tulsi possède un caractère « spirituel » indéniable. C’est pourquoi cette plante vénérée en Inde est également appelée "basilic sacré". Rien à voir pourtant avec notre basilic commun aux vertus essentiellement digestives : le Tulsi, lui, présente de nombreuses propriétés médicinales.
Grâce à une puissante action détoxicante, il est réputé pour dégager les voies respiratoires, permettant ainsi d’apaiser l’aérophagie ou les ballonnements, par exemple. Riche en camphre, ce remarquable soutien des défenses naturelles influence en effet la liberté des voies respiratoires (bronches notamment), la santé de nos organes (reins, cœur, foie, vésicule, estomac, intestins) et de notre système nerveux. De plus, ses propriétés antioxydantes peuvent être à l’origine de son efficacité pour amoindrir les effets du stress sur l’organisme. L’usage courant lui attribue enfin une action favorable sur la fertilité.
Ces différentes propriétés en qualité de plante médicinale ne font pas oublier son goût parfumé qui le rend incontournable dans la cuisine indienne. Originaire du subcontinent indien, le Tulsi est moins connu en Europe et généralement remplacé par le basilic commun… A ne pas confondre !
La Valériane Officinale
Une jolie plante aux pieds malodorants
La Valériane est un des piliers fondateurs de la pharmacopée européenne. Son usage remonte à très loin, puisque dans ses prescriptions, Hippocrate la recommandait déjà pour soulager les insomniaques !
Le nom de Valériane proviendrait du verbe latin valere, qui signifie « être fort ». Quant à son appellation grecque « Phu », elle serait due à l’odeur fétide que ses racines dégagent en séchant. Léger inconvénient vite oublié par l’efficacité de la plante pour endormir.
En effet, si elle possède de nombreuses vertus, c’est sans doute pour sa capacité à provoquer le sommeil que la Valériane est la plus connue. Cette jolie fleur, que l’on trouve fréquemment au bord des chemins humides, est utilisée depuis la nuit des temps et aux quatre coins du monde, pour apaiser le système nerveux, favoriser l’assoupissement et augmenter le temps de sommeil.
Sédative pour l’homme, la Valériane est au contraire une plante très excitante pour le chat, d’où son autre nom « d’herbe à chats » ! Quand il en rencontre une, le félin la renifle, se frotte dessus, la mordille et puis entre dans une sorte d’excitation, de transe qui va durer une bonne dizaine de minutes !
Cet effet euphorisant sur le chat est sans doute dû à l’une des nombreuses substances que recèle la Valériane, car les racines de cette fleur sont à elles seules un véritable laboratoire, dans lequel près de 150 composés chimiques rivalisent de potentiel ! Entre autres, les acides sesquiterpéniques seraient à l’origine de ses vertus sédatives et les valépotriates responsables de l’odeur nauséabonde des racines.
Très populaire donc, la Valériane ne connaitrait qu’une contre-indication : à éviter avant de prendre le volant… Ce qui pourrait d’ailleurs attester de son efficacité !


















